dimanche 22 septembre 2013

Dimanche, 22 sept.


La météo annonçait ensoleillé avec passages nuageux, pour le moment, on se limite aux passages nuageux. 

Nous sortons prendre le petit déjeuner au bar du coin où le patron se souvient que Roger veut son omelette baveuse. Il me voit écrire et me signale avec le plus grand sérieux qu’il manque un S à la troisième ligne, à gauche (on n’oublie pas qu’il voit à l’envers) et, coïncidence incroyable, il se trouve que c’est vrai ! 

C'est encore le vide-grenier. 



Roger se sent un peu mieux ce matin, mais ce n’est pas la grande énergie. Nous partons marcher dans les parcs des environs. Nous sommes au cœur d’une zone où il y a le parc Belleville, le grand parc des Buttes-Chaumont, le petit parc de la Butte-Rouge (il s’appelle en fait le parc de la Butte du Chapeau-Rouge) et, de l’autre côté, le cimetière du Père-Lachaise.

Wiki dit que le parc des Buttes-Chaumont est très visité par les joggers. Mets-en ! Des sérieux, des du dimanche, plus d’hommes que de femmes. Des marcheurs à bon pas, des marcheurs à pas difficile, des premières marches de bonne résolution (aux joues trop rouges). Beaucoup de poussettes. Une chérubine adorable qui décide de courir et fait bien douze pas à toute vitesse. 


Direction canal Saint-Martin, où l’affiche de gauche me fait vraiment rire. (C’est le clignotement qui fait que la photo mange un peu les lettres.)












Mais bientôt, Roger ralentit. Dans notre quartier, le vide-grenier connaît un succès monstre, les trottoirs sont noirs de monde. Roger fait le brise-glace pour m’ouvrir la voie, mais les glaces se reforment instantanément derrière lui. J’espérais que nous pourrions dîner ensemble dans ce resto qui me tente beaucoup mais, non, il ne peut pas. Il m’y envoie, le cher homme. Mauvaise personne que je suis, je l’abandonne.

Ça s’appelle le O’Paris, apostrophe incluse, et un commentaire sur Yelp le disait le secret le mieux gardé de Paris. Ben… quelqu’un a parlé ! À 14 h, la terrasse est pleine et les serveurs sont visiblement dans le jus. Une serveuse pressée, en joli maillot échancré et sans manches, passe, une bouteille à la main… et des verres sous le bras. 

La terrasse du resto donne sur les hauteurs des Buttes et a bel et bien une fort jolie vue de Paris. Je décide de me payer la traite (d’y aller à cœur joie et sans regarder à la dépense, ô mes fans français-de-France). Je commande :

   une entrée de foie gras de canard
   l’agneau de l’heure (fraîchement né ?) aux salsifis
   Madame ne boit que de l’eau me demande la serveuse. Madame aimerait bien un verre de Chardonnay, r’éponge (c’est atroce, non ?) – oui, je sais, ça ne convient absolument pas à mon menu, et j’ai un palais ignare non formé à la subtilité du vin rouge, incapable d’apprécier vraiment le Saint-Émilion qu’on m’a servi jeudi et je m’en fous. Okay là ?
   le cheesecake au spéculoos  – ce sera, je crois, comme du biscuit Graham mais à la cannelle, et Rachel n’aimerait pas mais moi oui, moi oui, moi oui. 

Mon foie gras est onctueux et fondant. Sur la terrasse, ça s’éclaircit un peu. Toujours pas de soleil, mais je suis tout à fait bien avec une blouse d’été en coton léger et à manches courtes. Quant à mon agneau et à sa sauce, c’est un poème. Entre manger mes salsifis ou le cheesecake promis à mon estomac, vous avez trois chances pour deviner ce que j’ai choisi.

Ah tiens, ça, je n’avais jamais vu ça. La serveuse apporte deux assiettes, une cigarette à la bouche, et s’éloigne de quelques pas pour la fumer. Remarquez, c’est pas que je ne comprends pas la nécessité d’une pause, amplement méritée, mais le service avec la cigarette à la bouche prête à être allumée, ça me surprend quelque peu. 

Je note ici que, quoique je sois une petite dame seule pas jeune, j’ai été servie avec gentillesse et rapidité.

À la table à côté de moi, une sosie d’Amélie Poulin. Qui se coiffe bien sûr de façon à accentuer la ressemblance. À la même tablée, un rare punk aux cheveux partiellement verts, ce que j’ai fort peu vu à Paris encore cette fois-ci. Il y ajoute une barbe fournie. C’est tout un look !

Oh la la ! Pour tendre l’addition à la table d’à côté, la serveuse place la bouteille d’eau entre ses cuisses.

Zut, il ne reste plus de cheesecake. J’aurais pu manger mes salsifis (ouahahahahaha – non). Va pour le moelleux au chocolat, alors. Notez la lente descente du verre de Chardonnay.





J’attends patiemment mon addition. Devant le restaurant, je vois passer, pour la troisième fois en trois jours, une de celles qui vont à la limite de la légalité, question visibilité du visage. J’en ai vu une en vert, une en brun, cette troisième est en noir. Ce n’est pas la housse, mais c’est l’enveloppement flottant complet, couvrant front et menton. Eh misère !

















Je m’attarde un peu sur les hauteurs de Belleville et dans le petit parc plus bas, et puis je rentre paisiblement. Roger respire un peu plus librement mais ce n’est toujours pas la grande énergie. Nous décidons d’être raisonnables et nous refusons même la gentille invitation à souper rue Gambetta. Repos.

Rapport météo : gris clair, pas vraiment d’échappées ensoleillées, probablement 26 ° ou 27 ° en après-midi.

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3 commentaires:

Michelle a dit…

C'est ben simple j'aimerais y être moi à Paris! Tu n'aurais pas été toute seule à manger ton foie gras! Très alléchant récit, et belle description des allées et venues de la serveuse. Un petit film en mots finalement.
J'espère que Roger aura pris du mieux pour profiter de votre dernière semaine.

Dorémi a dit…

Il me semble, mais je peux me tromper, que la tour que l'on voit au tout début de ton film, près du clocher, est la mienne…

Dorémi a dit…

Et, oui, elle est laide, très laide…